And she came back ...

And she came back ...
Je suis de retour. Pour le meilleur et pour le pire. Je vomis toujours. Moins. Mal. Je me hais de plus en plus. Je ne pensais pas que la haine pouvait s'amplifier encore : mais avec les kilos revenu, elle s'est démultiplié. Et le monstre en moi a repris des forces.

Je voulais des paillettes et du pouvoir, de la vie en feux d'artifice, de l'indépendance, de la passion, de la vie, du beau, du nouveau, de l'excitation. Je me retrouve vide dans un corps décharné et grotesque.

Au dernières nouvelles, je fais toujours n'importe quoi de ma vie. La petite voix qui disait "Vomis sale truie" me lance des défis impossibles "Allez, avale 10 AD avec du vin" ou "couche avec ce garçon, ça va te changer les idées". Non en fait, je suis en train de mentir (pour changer). Il n'y a pas de voix. Il n'y a que moi et mon appétit des conneries. De l'extase. Et vous savez quoi ? Je ne suis pas la seule. Dans deux semaines, je vais laisser libre cours à mes pulsions extrémistes : bulimia party, défonce, que sais-je encore. Ce qu'on voudra. D'ici là, je dois atteindre 39kilos, passez un bac blanc de philosophie, décider si oui ou non je sors avec S. et envoyez CV & lettre de motivation pour mon stage BAFA. (Oui oui. On va me confier des enfants.)

Mon carnet alimentaire ... ici*.

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Expéditeur : g Commentaire envoyé le : dimanche 08 novembre 2009 18:03
mouais

cinéma cinéma
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Merci G. En effet, ma vie est un vrai film (horreur, action, drame, psychologie, comédie), c'est gentil de le reconnaître. Je te remercie donc pour ce beau compliment, qui me prouve que non, finalement, ce n'est pas si ennuyant ce que je vis ! =D

# Posted on Saturday, 07 November 2009 at 6:17 PM

Edited on Tuesday, 10 November 2009 at 10:44 AM

Mirages

Mirages
Il y a les moments bulles. Reflet lyrique d'une réalité soudain légère où le bonheur semble à portée de doigts. Il prend un malin plaisir à scintiller sous vos yeux plein d'étoiles dorées. Et comme les bulles, ces parenthèses d'insouciance sont aussi éphémères que légendaires. Ça implose sans prévenir, et tu t'écrases violemment. Fin du rêve, retour brutal au monde bestial teinté de gris et de rouge sang.

J'ai l'impression d'être en train de mourir. Je passe la journée le nez en l'air à chercher des bulles. Mais la magie n'opère plus. Alors je me lève, silence gêné chez les copains, et prétexte un aller à la bibliothèque. Il est 15h, je n'ai rien dans le ventre, je dois être en cours dans 20min. Qu'à cela ne tienne : j'avale 2L d'eau au robinet des toilettes publiques et me vide de mon vide. De mon trop. De mon rien. De mon tout. Paradoxe obsédant qui me bouffe la vie.

J'ai vraiment l'impression d'être en train de mourir.
Je fais de mon mieux pourtant. J'essaye de prévenir ceux qui m'aiment, sans pouvoir m'empêcher de penser que s'ils savaient toute cette haine en moi, ils ne m'aimeraient pas. J'essaye de dire à demi mot que je tiens à eux. C'est dur. Et puis finalement, je n'y arrive pas. Je déçois.


# Posted on Friday, 04 September 2009 at 2:37 PM

Edited on Saturday, 07 November 2009 at 6:04 PM

Insoutenable vérité

Insoutenable vérité
J'attend que le temps passe. C'est interminable une minute. J'attend et je ne fais rien : je ne fais jamais rien, puisque tout est vain. Je crois qu'avant je n'attendais pas comme ça : mais avant était il y a si longtemps qu'il m'ai impossible d'envisager le retour en arrière. Alors j'avance, j'espère que demain comblera hier, j'espère que les choses vont arrêter de se vider de leur substance, et j'espère me trouver un sens. Espérer m'occupe beaucoup.

Le reste du temps, je crise. Avaler des milliers de calories en chocolat, chips, pain, pâtes et sucreries, c'est orgasmique. Je fais plusieurs crises de boulimie par jour, et je vomis presque tout ce qui entre dans ma bouche. J'ai déjà mangé des choses immondes rien que pour les vomir. Des parts de tartes encore congelées. Du pain rassit. Du sucre en poudre. Des plats que d'autres avaient préparés, pleins d'huile et de beurre, destinés à un repas futur. Des biscuits périmés. De la viande crue. De la mayonnaise à la petite cuillère. Des trucs récupérés à la poubelle, par exemple les croûtes de pizza. De la salade, des pommes et des cornichons. J'ai vidé des placards entiers et j'ai terminé des dizaines de tuperware emplis de riz gluant. Chaque crise est semblable à la précédente, et pourtant, elles sont toutes uniques.

Mais le mieux, c'est le dégueulis. Personne ne peut comprendre la satisfaction indescriptible lorsque sa propre vie s'écoule par les doigts. Vomir, c'est un des trucs que j'ai fais le plus souvent dans ma vie. J'ai vomis plus ou moins partout, tout le temps. J'ai vomi chez moi : dans ma chambre, dans la baignoire de la salle de bain, dans le grenier, dans les deux WC. J'ai vomi chez des amis, chez mes grands-parents, chez mes oncles et tantes. J'ai vomi en vacances, dans les appartements qu'on a loué, j'ai vomi dans mes familles d'accueil à l'étranger. J'ai vomi en France, en Suisse, en Irlande, en Angleterre. J'ai vomi dans les gares, dans les aéroports, j'ai donc vomi dans le train et dans l'avion. J'ai vomi dans les stations services et dans les toilettes de mon lycée. J'ai vomi à la piscine, à la bibliothèque, au centre commercial, au restaurant, au fast-food. J'ai vomi dans la rue, dans la garrigue, dans un ruisseau, derrière les buissons. J'ai vomi à toutes heures du jour et de la nuit, aussi vite que j'ai pu. J'ai inventé des dizaines de stratagèmes démoniaques juste dans le but de gerber en paix, j'ai menti un millier de fois et j'ai été de la plus mauvaise de toutes les fois. Je vomi comme on fait l'amour, et je change de position ou de partenaire pour varier les plaisirs : debout sur du vide, accrochée à un arbre, appuyée à un mur, penchée au-dessus d'un sac, soutenue par un fauteuil, tout contre ma poubelle, posée sur un carton, accroupie dans la boue, les mains autour de la cuvette, à quatre pattes dans la baignoire, j'en ai perdu la tête, tout disparait et devient noir.

# Posted on Saturday, 24 January 2009 at 4:58 PM

Edited on Thursday, 27 August 2009 at 5:11 AM

To the Underworld

To the Underworld
Au fond, je crois que j'aime vomir. Sensation doucereuse extatique et irréelle de se perdre soi-même au dessus d'une cuvette d'un blanc brillant. Aujourd'hui j'ai bien travaillée, bien tout recraché, bien comme il fallait. Ô, balance, dictatrice indomptable de mon pays miséreux, accorde moi un 43 demain ! S'il te plaît ! Je suis si vide, vous savez, de ce vide extrême qui s'écoule par les doigts, mon Dieu, comme c'est enivrant, vous pouvez comprendre ça, non ? Non ? Je suis vraiment cinglée à ce point alors ? Et pourtant, ce n'est pas moi, je vous assure, c'est la petite voix impérieuse, qui me dit de tout manger et de tout bien vomir et j'obéis sagement, car je ne sais faire que ça. - Menteuse ! hurle la foule, Menteuse ! D'accord, très bien, je l'avoue, je pourrais lutter, sûrement qu'il est probable que la petite voix, c'est moi, que c'est un prétexte bien arrangeant pour faire n'importe quoi. Mais cette moitié sombre et tyrannique qui me pousse à la destruction, je l'aime de cet amour fou et terrifiant qui lie la victime à son bourreau.

Au fond, je ne me reconnais plus. Je ne vois plus rien dans le brouillard de ma tête. Comme c'est effrayant de se regarder dans les glaces et les reflets des vitrines et des panneaux publicitaires et de constater qu'on ne sait plus si ces vitres multiples grossissent ou maigrissent, déforment ou renvoient la réalité exacte. Incapable de dire que c'est moi là dedans. Moi ? Ce truc informe là ? Avec des courbes et des angles et qui occupe tant de place ? Quelle horreur ! Moi qui voudrais tant être lisse et immaculée comme la cuvette des WC. J'ai peur, car je me perds pour de vrai.

Au fond, c'est assez drôle cette impression de se noyer dans sa propre tête.

# Posted on Thursday, 16 April 2009 at 6:06 AM

Edited on Saturday, 07 November 2009 at 6:04 PM

15 avril

15 avril
Demain, j'aurai 17 ans.

Cette année, j'ai vomi et pleuré, j'ai ris à gorge déployée. J'ai avalé des tas de médicaments, j'ai lavé des trucs éc½urants. J'ai menti, volé, triché, trompé. J'ai accusé le monde et me suis condamné. J'ai maigris, j'ai grossis. J'ai gagné trois centimètres et porté des talons aux pieds. J'ai embrassé et fais l'amour, je me suis dévétue tous les jours. J'ai bu, fumé, menti, juré. Pour jouer. J'ai fais des voyages qui n'ont rien changé. J'ai été dépressive, j'ai tenté de me tuer. J'ai perdu la notion des choses, les mots, la confiance de mes parents, le goût, l'appétit, la satiété. J'ai perdu mes amis. J'ai connu la trahison, le déni, la haine pure et le mépris. J'ai craché du sang et puis je tombée. J'ai fais plutôt du mal, surtout sur moi. J'ai fais n'importe comment, pour n'importe quoi.


Demain, j'aurai 77 ans.

La pointe de mon compas est souillée de sang. L'odeur du vomi est incrustée dans ma corbeille à papier. Sur ma main, on trouve des marques de dents. Mon corps est usé, tout ridé et déformé. Pour cette anniversaire, j'aimerais qu'on voit, à même la peau, mes os tremblants.


Mais chut, silence. Les vieux se taisent. J'écoute le bruit gluant du temps passer.

# Posted on Monday, 26 January 2009 at 12:45 PM

Edited on Thursday, 27 August 2009 at 5:11 AM

Coup de vent

Coup de vent
Ma vie se résume à des variations de poids de quelques centaines de grammes et à des visions d'horreur quand je grimpe sur la balance, de gré ou de force, par envie, par curiosité, par habitude, par nécessité, par pur masochisme même. Je passe mon temps à tenter un semblant de contrôle de moi-même, et à échouer, encore et toujours.

Je ris à gorge déployée en lisant les pathétiques blogs de pauvres gamines écervelées, qui commencent des régimes aussi immatures que vains. Les mêmes qui trouvent ça cool d'être super maigre, de ne plus manger, comme les anorexiques.

C'est vrai, putain, qu'est-ce que c'est cool de compter 18 fois ses calories et de faire des crises de boulimie en guise d'activités extra-scolaires ! Fantastique de pleurer quand le poids monte, de pleurer au moindre écart, de pleurer tout son saoul parce qu'avec un IMC à 16 on est toujours aussi ridiculement grosse ! Ah ça oui, super cool d'être pesée comme de la volaille par ses parents, qui nous regardent d'un air inquiet ou atterré ... Trop génial de perdre ses cheveux rêches par poignées, de faire trois tour de ceintures pour remonter son jean du 34 qui tombe, d'avoir les dents qui tremblent, les mains couvertes de croûtes et qui puent la gerbe, d'avoir des remontées, de nettoyer des sacs plastiques qui ont dégorgés du vomi plein la moquette puis de rester trois heures devant son assiette !! Qu'est-ce que c'est agréable, qu'est-ce que je me sens au top de la mode, quand on me dit que je vais crever, et que je ne suis pas capable de m'arrêter.

# Posted on Wednesday, 21 January 2009 at 12:05 PM

Edited on Saturday, 07 November 2009 at 6:04 PM

TCA

TCA
Les TCA, c'est un gouffre.

Au début, en haut du trou, on regarde et on y voit pas grand chose. Mais en bas, il y a une jolie voix qui nous appelle, nous promettant monts et merveilles. Alors on se penche, de plus en plus. D'abord, on descend prudemment. Les plus téméraires sautent d'un seul coup. Quoiqu'il en soit, c'est vite la dégringolade. Et le gouffre s'avère sans fin : on tombe tombe tombe tombe,toujours plus bas, et on attend le fond qui ne vient pas. Parce qu'au moins, au fond, on aurait pu donner un coup de pied et remonter à la surface, mais en tombant juste comme ça, on ne peut qu'agiter les bras dans tous les sens et crier. En vain.

Alors il faut que d'autres gens nous aident. Qu'on nous construise un filet pour qu'on cesse de tomber, qu'on nous lance une corde, qu'on nous encourage à escalader et qu'on nous empêche de regarder en bas quand la remontée devient trop difficile et qu'on se dit qu'on préférait la descente. Ne lachez pas la corde. ne découpez pas le filet. Et même une fois en haut, il faudra toujours se méfier, car le gouffre on en connaît l'emplacement maintenant, et pour un peu qu'on soit contrariée, on irait s'asseoir au bord, ou bien on ressauterait carrément.

Moi, je n'en suis qu'au tout début de l'escalade. J'ai déjà les mains complètement écorchées. Je me dis que je ne vais jamais y arriver. C'est beaucoup plus dur qu'on ne le croit, de remonter comme ça. Sans compter que je ne vois pas le haut du gouffre : c'est vrai, j'aperçois la lumière des fois, mais qui dit que c'est bien là haut ? Qui dit que c'est pas la guerre, la misère, l'ennui, le malheur, la violence, la trahison, la haine ? Et qui dit qu'à peine sortie, je ne vais pas tomber dans un autre gouffre un peu plus loin, plus abrupt et plus profond que celui-là ? Au moins mon gouffre, même si je ne l'aime pas, j'en connais bien les parois, j'y suis même habituée, il me protège comme une carapace !

Les doutes m'assaillent du soir au matin. La corde me tire vers le haut, la voix me réclame en bas, et moi, je ne sais plus ce que je veux.

# Posted on Tuesday, 03 March 2009 at 8:44 AM

Edited on Saturday, 07 November 2009 at 6:04 PM

Espoir

Espoir
Aujourd'hui, j'ai tout dis.
Comme si je vomissais, sauf que c'était des mots.

__Maman, je vais mal, je vous mens en vous disant que tout va bien alors que c'est faux.
__Maman, je me hais, je fais tout pour me détruire, et tu ne comprends pas car toi tu m'aimes.
__Maman, je vomis, tous les jours, plusieurs fois, je vomis ma vie et tu ne le vois pas.
__Maman, j'ai perdu le contrôle et j'ai besoin de toi. Est-ce que tu vas m'aider ?


Elle a dit Oui.
J'ai toujours peur, mais il paraît que ça va s'arranger.

# Posted on Thursday, 22 January 2009 at 4:53 PM

Edited on Saturday, 07 November 2009 at 6:04 PM

18h45

18h45
Je n'en peux tout simplement plus.
Je suis comme une camée en attente de sa dose.

Je n'ai pas fais de crise depuis deux jours. Je lutte contre cette idée tentatrice depuis une dizaine d'heures. Je tourne en rond. Je fume. Je pleurs. Je tremble et me colle au radiateur pour me réchauffer. J'essaye de faire des repas équilibrés. Je deviens folle. Je ne suis pas faite pour manger 600 cal bien réparties sur la journée. Je suis faite pour en engouffrer 4000 et les vomir tout de suite après. J'ai le ventre gonflé de légumes et, se faufilant dans mon esprit, séductrice, entêtante, l'impérieuse envie de vomir.

Oubliés les sentiments de honte, de dégout, d'incapacité ! Oubliés l'odeur nauséabonde, la gorge qui brûle, le sang sur les doigts ! Je ne me rappelle que de l'extase du ventre vide, de l'euphorie après la purification, de la satisfaction du travail bien fait ... A croire que je suis atteinte d'alzeihmer, pour couronner le tout.


Appelez-moi Mademoiselle Contradiction.

# Posted on Thursday, 29 January 2009 at 4:36 PM

Edited on Saturday, 07 November 2009 at 6:04 PM

Cauchemar et autres cadavres

Cauchemar et autres cadavres
Cette nuit, j'ai rêvé que j'ouvrais les yeux dans la pénombre de ma chambre. Il y avait le souffle chaud dans mon cou, les maintes moites qui parcouraient mon corps. J'ai arrêté de respirer. L'ombre s'est arrêté aussi. Maintenant, elle écoute mon silence volontaire. J'étouffe. Je vais bientôt suffoquer. L'ombre sait que je sais qu'elle est là. Alors elle se lève, et sort doucement en refermant la porte. Malgré tout, j'entends encore son pas qui s'éloigne furtivement dans le couloir. Je rattache la ficelle de mon pantalon, baisse le haut de mon pyjama, et me roule en boule sur le côté. Puis je hurle. Je hurle de toutes mes forces, je hurle comme je n'ai jamais hurlé parce que tout ça, c'est de ma faute, parce que mes yeux se sont fermés et que j'ai sombré dans l'absurde sommeil qui me piège toutes les nuits. Et les doutes m'assaillent : depuis combien de temps l'ombre était-elle là ? Qu'a-t-elle vu, qu'a-t-elle touché, qu'a-t-elle fait ? Et si elle était venue la nuit dernière, sans que j'en sache rien ? Jusqu'où va-t-elle quand je ne la surprends pas ? Le pire est encore de ne pas savoir.

Cette nuit, je me suis réveillée trempée d'une sueur froide, la respiration haletante. J'ai du calmer mes nerfs, calmer mon angoisse, me rassurer toute seule comme je pouvais, entre deux sanglots étouffés. Ce n'était rien, il n'y avait personne, c'était un mauvais rêve, un simple et bête cauchemar, pas de quoi en faire un plat.Calme-toi, merde.

Mais ce n'était pas un cauchemar. C'était pire. C'était un souvenir.

Et je n'arrive pas à oublier.

# Posted on Tuesday, 27 January 2009 at 2:35 PM

Edited on Saturday, 07 November 2009 at 6:04 PM